Le cancer du côlon et le cancer du rectum sont regroupés sous le nom de cancer colorectal. Ils se développent à partir de cellules qui tapissent la paroi interne du colon ou du rectum, principalement, par transformation progressive d’une tumeur bénigne. Ce sont des cancers fréquents, survenant le plus souvent après 50 ans. Des facteurs de risque sont connus : facteurs génétiques, existence d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin, mais aussi facteurs liés au mode de vie (surconsommation de viande rouge et charcuterie, tabagisme, surpoids…)

Cancer du côlon ou cancer du rectum ?

Le côlon et le rectum constituent ce qu’on appelle le gros intestin, c’est-à-dire la dernière partie du tube digestif. Environ 40 % des cancers touchent le rectum et 60 % le côlon.

Le cancer colorectal est une tumeur maligne de la muqueuse du côlon ou du rectum. Il s’agit très généralement d’un adénocarcinome.
 Entre 60 et 80 % des cancers colorectaux se développent à partir d’une tumeur bénigne (polype adénomateux ou adénome plat). Le risque de transformation de la tumeur bénigne en cancer (adénocarcinome) varie en fonction de la taille et de la composition des cellules de cette tumeur bénigne. Le cancer colorectal se développe d’abord localement, puis les cellules cancéreuses peuvent migrer dans l’organisme par la circulation sanguine et le système lymphatique pour constituer des métastases. Les plus fréquentes se localisent au niveau du foie et des poumons.

Le cancer colorectal est le troisième cancer le plus fréquent

Le cancer colorectal est le troisième cancer le plus fréquent chez l’homme et le deuxième chez la femme. 
En 2012, 42 152 nouveaux cas ont été diagnostiqués (55 % des diagnostics concernaient des hommes et 45 % des femmes).
 Dans 95 % des cas, le cancer colorectal survient chez des personnes de plus de 50 ans. 
Grâce au dépistage et à l’amélioration des traitements, la mortalité décroît. En effet, plus un cancer est diagnostiqué tôt, mieux il se soigne, et plus les chances de survie sont importantes.

Plusieurs facteurs augmentent le risque d’avoir un cancer colorectal

    • L’âge : le risque de cancer colorectal augmente après 50 ans.
    • Le fait d’avoir déjà eu un cancer colorectal ou une tumeur bénigne colorectale (adénome).
    • Le mode de vie : un régime alimentaire riche en viande rouge et en charcuterie , le surpoids ou l’obésité, la consommation excessive d’alcool, le tabagisme.
    • Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, notamment la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, surtout dans les cas où la maladie est étendue à tout le côlon et évolue depuis plus de 10 ans.
    • L’hérédité :
      • le risque est accru si un parent du premier degré (père, mère, frère, sœur ou enfant) a eu un cancer colorectal ou un gros adénome avant 65 ans ;
      • le risque est accru si un ou deux parents du premier degré ont eu un cancer colorectal, quel que soit l’âge de survenue du cancer ; de plus, il existe des formes familiales génétiques de cancers colorectaux avec ou sans polypose (présence de polypes multiples) (moins de 5 % des cas).

Au début de son évolution, le cancer colorectal passe inaperçu faute de symptômes et seul le dépistage proposé entre 50 et 74 ans permet de le détecter. Si le cancer n’est pas dépisté, des symptômes apparaissent et doivent alerter :

    • sang dans les selles qui peut être rouge (rectorragie) ou foncé. Les selles peuvent apparaître également anormalement noires, car mêlées à du sang digéré,
    • diarrhée ou constipation d’apparition récente ou s’aggravant anormalement,
    • besoin pressant d’aller à la selle, sensation d’évacuation incomplète du rectum, tension au niveau du rectum ;
    • perte de poids inexpliquée ;
    • douleurs abdominales ou rectales ;
    • grande fatigue (asthénie) ;
    • occlusion intestinale si le cancer évolue.

     

    Comme d’autres maladies peuvent provoquer les mêmes symptômes, il est important d’en parler à son médecin traitant lors d’une consultation.

Lorsqu’une personne présente des symptômes d’un cancer colorectal ou qu’une anomalie est décelée lors d’un examen médical (test de dépistage, coloscopie), un certain nombre d’examens doivent être réalisés afin d’établir un diagnostic.

Le diagnostic a plusieurs objectifs

    • Confirmer la présence d’un cancer
    • Identifier le type de cancer dont il s’agit
    • Trouver l’emplacement où le cancer a pris naissance
    • Déterminer l’étendue du cancer (son stade)
    • Élaborer un plan de traitement adapté

  • Généralement, deux étapes sont nécessaires pour obtenir un diagnostic précis et complet : un bilan initial et un bilan d’extension.

Le bilan initial

Le bilan initial a pour objectif de confirmer la présence d’un cancer, de le localiser et de définir de quel type de cancer il s’agit.

Ce bilan comprend généralement une consultation avec un gastroentérologue, un examen de l’intérieur du côlon et du rectum (coloscopie, rectoscopie, sigmoïdoscopie), une biopsie et un examen anatomopathologique.

Des analyses de sang sont également réalisées, notamment pour évaluer l’état de santé général du patient (pour diagnostiquer une anémie, par exemple).

Le bilan d'extension

Le bilan d’extension a pour objectif de compléter le diagnostic. Il consiste à évaluer l’étendue du cancer, c’est-à-dire à déterminer jusqu’où il s’est propagé. C’est ce qui permet de définir le stade du cancer.

Pour cela, les médecins vérifient en particulier si des ganglions lymphatiques sont touchés par des cellules cancéreuses. C’est l’examen anatomopathologique qui permet de le déterminer ; il peut être réalisé avant la chirurgie dans le cas des cancers du rectum ou après la chirurgie dans le cas des cancers du côlon.

Les médecins vérifient également si des métastases se sont développées dans d’autres parties du corps. Plusieurs examens d’imagerie peuvent être réalisés. Le plus souvent, il s’agit d’un scanner du thorax, de l’abdomen et de la région pelvienne, avec injection d’un produit de contraste.

Parfois, une échographie de l’abdomen et de la région pelvienne ou une IRM du foie sont proposées. Dans le cas du cancer du rectum, une échographie endorectale et/ou une IRM rectale sont aussi réalisées.

Plus rarement, après discussion en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), un TEP Scan peut compléter le bilan.

L’ensemble des examens du bilan diagnostique permet de recueillir le plus d’informations possible sur le cancer et de définir un plan de traitement adapté.

Le délai entre la découverte de quelque chose d’anormal et le début d’un traitement peut parfois sembler très long. Ce temps est nécessaire pour réaliser les examens, établir le diagnostic et définir le traitement le plus adapté.

Le traitement du cancer colorectal repose essentiellement sur la chirurgie et la chimiothérapie. Il peut être associé à la radiothérapie en cas de cancer du rectum. Le choix du traitement se fait en concertation entre les médecins et avec l’accord du malade.

Comment choisir le traitement du cancer colorectal ?

Le traitement est adapté à chaque cas

De même qu’il n’y a pas un cancer, mais de multiples cancers aux caractéristiques différentes, il existe, pour chaque patient, de nombreux critères à prendre en compte afin d’orienter le choix du traitement. Ces critères sont médicaux : type de cancer, organe atteint, stade d’évolution, éléments biologiques. Ils sont également individuels : âge de la personne malade, état général, psychologique, statut socioprofessionnel, etc.

    Le traitement est établi en concertation entre les médecins et avec l’accord du malade

    Les modalités du traitement d’un cancer colorectal sont adaptées à chaque cas et décidées dans le cadre d’une concertation entre chirurgien, radiothérapeute, oncologue et médecin traitant. L’équipe soignante informe et discute avec le patient :

    • des traitements envisagés ;
    • des effets indésirables éventuels de la chirurgie, de la radiothérapie et de la chimiothérapie ;
    • de la maîtrise du traitement à domicile ;
    • de la planification du suivi après traitement.

Le traitement est expliqué au malade, lors d’une consultation spécifique. Si le malade donne son accord pour le traitement proposé, celui-ci lui est remis sous la forme d’un document appelé « programme personnalisé de soins » (PPS).

    Le traitement chirurgical du cancer colorectal

    La chirurgie est le traitement principal du cancer colorectal. Le traitement chirurgical varie selon la taille de la tumeur :

    • La résection d’un polype montrant une lésion cancéreuse très limitée, lors de la coloscopie est parfois suffisante.
    • Dans la plupart des cas, la chirurgie est indispensable. Elle est réalisée par laparotomie (ouverture de la paroi abdominale) ou par cœlioscopie. Elle consiste à enlever la totalité de la tumeur et certains tissus sains environnants (en particulier les ganglions correspondants). Il est souvent nécessaire d’enlever la partie du côlon où se trouve la tumeur. Le chirurgien peut ensuite recoudre bout à bout les parties saines de l’intestin. Si cette dernière opération n’est pas possible, le côlon est alors rattaché à une ouverture dans la paroi de l’abdomen. Par cette ouverture, le contenu du côlon est évacué dans une poche qu’il faut changer régulièrement. Cette intervention, appelée colostomie, peut être permanente ou temporaire. La plupart des personnes réussissent à vivre le plus normalement possible avec leur colostomie.

Le traitement du cancer colorectal par radiothérapie

La radiothérapie n’est pas systématique. Dans certains cas de cancer du rectum, elle peut permettre de détruire les cellules cancéreuses grâce à des rayons X de haute énergie. Il existe des effets secondaires à la radiothérapie : rougeur de la peau, un peu comme après un coup de soleil, voire boursouflure, diarrhée et fatigue. Ces effets secondaires s’estompent habituellement une fois que le traitement est terminé et que les cellules se sont régénérées.

    Le traitement du cancer colorectal par chimiothérapie

    • Dans certains cas, la chimiothérapie est nécessaire pour traiter efficacement un cancer du côlon ou du rectum. Selon les situations, une chimiothérapie peut être pratiquée avant la chirurgie, afin de diminuer la taille de la tumeur ou après la chirurgie pour éviter le risque de métastases. Elle peut également être nécessaire au traitement de métastases.
    • La chimiothérapie est administrée, le plus souvent, par injection dans une veine, mais aussi sous forme de comprimés.
    • En cas d’administration par voie veineuse, la mise en place d’une chambre implantable est nécessaire. Il s’agit d’un petit boîtier placé sous la peau (généralement au niveau du thorax), relié à un cathéter (tuyau souple et fin glissé dans une veine). Ce dispositif reste en place en permanence, pendant toute la durée de la chimiothérapie, puis de la surveillance après traitement. Il est placé sous anesthésie locale et enlevé de la même manière à la fin du traitement. Il permet d’injecter les médicaments à travers la peau tout en préservant les veines du patient. Des patchs d’anesthésiants cutanés limitent la douleur lors du passage de l’aiguille à travers la peau. La chambre implantable offre aussi un meilleur confort de vie, car elle permet de poursuivre les activités quotidiennes.
    • Les effets secondaires de la chimiothérapie (nausées, inflammation buccale, diarrhée ou constipation, perte des cheveux, fatigue, anomalies sanguines) sont temporaires et non systématiques. D’importants progrès ont été réalisés pour les minimiser.

Thérapies ciblées et cancer colorectal

La recherche médicale a mis au point de nouveaux médicaments appelés thérapies ciblées. Ces traitements sont appelés ainsi parce qu’ils ciblent précisément certaines molécules qui ont un rôle important dans le développement du cancer. Non dirigés vers les cellules saines, ces médicaments entraînent souvent moins d’effets secondaires que les chimiothérapies classiques. Dans certains cas de cancer colorectal, un traitement par ces thérapies ciblées peut être proposé. Ces médicaments sont utilisés en complément de la chimiothérapie.